Big Island, l’île aux volcans

Après une semaine passée à Oahu, nous prenions un avion avec Go Airlines, une compagnie low cost qui assure des vols inter-îles. Direction l’île d’Hawaii, que l’on appelle aussi Big Island.

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Comme son nom l’indique, c’est la plus grande île de l’archipel. Elle est en fait 2x plus grande que toutes les îles réunies même si elle compte moins d’habitants au mètre carré qu’Oahu ou Maui. Le dépaysement est garanti!

A notre atterrissage à l’aéroport d’Hilo, à l’est de l’île, le contraste avec Oahu est énorme. L’aéroport semble minuscule et on dirait qu’il n’y a pas âme qui vive. Les structures sont en bois, les « salles » à ciel ouvert, plein de végétation autour. On a du mal à croire qu’il s’agisse d’un aéroport international, car on ne voit pas les autres terminaux et puis, on est déjà dans la nature.

Nous louons une voiture sur place, la plus petite disponible étant une grosse jeep, et hop direction l’aventure.

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Première étape, les volcans!

Le trajet de Hilo, capitale humide de l’île, vers le parc national des volcans nous plonge en plein dans la forêt tropicale. Ici, le mot aventure prend tout son sens. Si on surnommait les îles à la manière d’un parc d’attraction bien connu, je qualifierais Oahu de Fantasy Land, car c’est l’île fun, où on s’amuse, on boit des cocktails, et on s’éclate à la plage. Big Island, c’est tout à fait Adventure Land! L’océan, les volcans, la lave, la forêt tropicale, les ranchs et les vallées émeraude… Les paysages sont variés, les gens sympatiques et ici la nature et surtout la déesse Pele semblent dicter la loi.

Les dieux hawaïens

Je me permets une petite parenthèse spirituelle explicative:
Les anciens Hawaïens associaient les dieux aux éléments naturels, à la terre, aux animaux. Tout avait du mana (une essence spirituelle). Big Island est probablement l’île où la tradition hawaïenne est la mieux sauvegardée, comme patrimoine culturel. Et ici plus encore que sur les autres îles, cette spiritualité est bien vivante, à travers une nature contrastée, où les éléments se déchainent. La déesse dominante de l’île est Pele, représentée par les volcans, le feu, la montagne Mauna Loa (plus large volcan actif du monde et 2e sommet de l’île) et le volcan Kilauea. Sa soeur et rivale Poliahu est associée aux éléments opposés, à savoir la neige, la glace et la montagne Mauna Kea (le plus haut sommet de l’île). Le combat des dieux, des éléments, des montagnes qui se font face et caractérisent le paysage de l’île.

Sur ces belles paroles, et comme Bilbon le Hobbit, nous partons pour une aventure!

Après 40 minutes au milieu d’une végétation de plus en plus présente, nous arrivons à Volcano, un petit village au bord de la forêt tropicale, à la frontière avec le Volcanoes National Parc.
Une rue parallèle à l’autoroute donne l’accès au « centre-ville ». A savoir, une station service, un supermarché, et 2-3 restaurants. La dimension de road trip prend ici tout son sens puisqu’on a l’impression de s’être arrêtés dans une de ces villes le long de la route 66, en plein coeur des Etats-Unis. Sauf qu’on est dans la forêt et pas dans le désert 😉

Nous cherchons notre logement pour les 2 nuits à venir, le Volcano Rainforest Retreat. Il s’agit d’un b&b qui propose 4 logements privés au coeur de la forêt. Nous avions réservé le sanctuaire, qui est une petite maison en bois, avec le strict minimum: un lit, des lampes, 2 chaises, un coin cuisine avec machine à café et toaster, toilette et des livres partout (touristiques et spirituels). Déco japonaise un rien surchargée en accessoires, mais sympathique et surtout un coin douche et bain chaud situés à l’extérieur!

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Une expérience inoubliable et ressourçante même si la première nuit a été un peu difficile n’étant pas habituée à autant de bruits de la nature (la pluie, les criquets, les craquements de bois… Ça donnait un petit côté sinistre). Je suis contente de l’avoir fait car ça fait du bien de s’éloigner un peu du quotidien de la ville. Et comme l’Ours Sage l’a si bien dit, il faut se satisfaire du nécessaire 😉
En tout cas je recommanderais cet endroit pour son authenticité et sa proximité du parc national (lien logement)

Volcanoes National Park – jour 1

Nous avons encore une bonne demi-journée devant nous donc allons sans plus tarder au parc national.

Voici une carte pour repérer plus facilement notre trajet.

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Nous avions prévu de laisser au lendemain les grosses randonnées et le tour du cratère principal et de passer notre après-midi sur la Chain of Craters Road.

Chain of Craters Road

Cette route scénique de 20 miles (soit environ 32 km) descend les flancs du volcan Kilauea depuis une altitude de 1127 mètres jusqu’au niveau de la mer, rejoignant la côte de Puna.

Pendant des kilomètres et des kilomètres, on n’aperçoit que de la lave. Il y a plusieurs points d’arrêt et parcours intéressants pour observer cratères et lave des éruptions de 1969 à 1974.
Pour ceux qui ont vu l’Etna, imaginez pareil en puissance 10! C’est gigantesque!

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Parmi les blocs de lave, il est possible de trouver des filaments dorés, appelés Pele’s Hair. Les cheveux de la déesse Pele, qui sont en fait de la fibre de verre volcanique. C’est très joli, mais la terre est sacrée ici. Et toute personne dérobant une pierre de lave ou déplaçant de la roche volcanique hors du parc serait frappée du mauvais sort…
Il paraitrait que chaque années des hommes et femmes ramènent à Hawaii des pierres qu’ils avaient ramenées chez eux en souvenir… Je vous laisse vous faire votre propre idée en la matière.

A mi-chemin sur la route, on commence à apercevoir la mer. Un arrêt au Kealakomo Shelter est obligé pour mesurer pleinement l’amplitude des coulées de lave.
Le soleil est lourd et le vent particulièrement violent. Le panorama, dramatique.

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On continue et on entame la descente des pali (collines) jusqu’à la mer.
Proche du niveau 0, un sentier mène à des pétroglyphes (Pu’u Loa Trail). Plus de 23000 dessins dans la lave, faits par les Hawaïens primitifs, se retrouvent ici. Ce qui fait de cet endroit la plus grande concentration de pétroglyphes anciens de l’Etat.
Des signes abstraits ou figures humaines, il m’est difficile de distinguer grand chose. Il y a des milliers de dessins en forme de réceptacles, dans lesquels on plaçait le cordon ombillical des nouveaux-nés. Cela pour apporter santé et longévité à l’enfant.

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On reprend vers la mer, jusqu’à End of the Road, la fin de la route. Elle se termine où la lave se termine.
Dans ce coin, il est possible de voir Nene. Nene, c’est une oie native d’Hawaii et l’oiseau officiel de l’Etat. Il fut un temps où Nene était le repas de Thanksgiving servi à Volcano… Aujourd’hui, ce serait impensable, car elle est devenue l’oie la plus rare au monde et son espèce est menacée.
Ici aussi de beaux panoramas encore, avec les vagues qui explosent sur les rochers.

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L’érosion a d’ailleurs creusé une arche de lave ici, Holei Sea Arch.

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Avec le temps, il est probable que les puissantes vagues de la déesse Namakaokaha’i (une soeur de Pele) engloutissent cette arche pour toujours…


S.

photos ©juventina010

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