Dublin – jour 1

Nous arrivons en fin d’après-midi à l’aéroport de Dublin. Nous sautons dans le taxi qui nous dépose à l’hôtel. Première expérience de l’accueil dublinois: le type n’arrête pas de parler ! Très gentil, il joue presque les guides touristiques, nous indiquant le stade où se jouent les rencontres nationales de hurling (sport d’équipe, gaélique, se jouant avec une crosse) et de football gaélique. Le hurling et le football gaélique sont les 2 sports nationaux, plus importants encore que le rugby et « notre » foot. Il nous indique ensuite les studios où U2 enregistrent leur musique, Trinity College (l’université), etc. Il nous donne plein d’infos pratiques pour se rendre à tel ou tel endroit ainsi que des conseils sur les do’s and dont’s. Par exemple, il nous a vivement déconseillé la visite du Guinness Storehouse, et ce n’est pas le seul. Mais on s’en fiche, on ira quand même :p

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Le taxi nous dépose à l’hôtel Dylan, un sublime boutique hôtel, niché dans une rue victorienne en plein cœur du quartier sophistiqué de Dublin 4. La situation est parfaite : au calme, à seulement 10 minutes à pieds des parcs, pubs et rues commerçantes. La décoration est élégante, design, sans être surfaite et l’hôtel peut se vanter d’avoir une table excellente (ainsi qu’un personnel irréprochable). Je pense d’ailleurs que le restaurant a obtenu plusieurs récompenses. Je ne me sens pas toujours à l’aise dans ce genre d’environnement car ça ne me correspond pas forcément, mais le personnel était d’une gentillesse incroyable. Le service semble toujours plus naturel et central chez les anglo-saxons. Bref, je recommande vivement ce lieu d’hébergement !

A présent déchargés, nous partons nous balader à la découverte de la ville. Nous remontons Baggot Street en direction du centre, à travers le quartier géorgien. Nous passons dans des quartiers résidentiels paisibles où les maisons ne sont pas bien hautes, gardant un caractère provincial. Elles se distinguent les unes des autres par leurs portes d’entrée ornées et colorées : une jaune, une bleue, une rouge, une verte. Les couleurs se succèdent, donnant du style et du charme aux façades so british.

Après quelques minutes de marche, nous atteignons les portes de Saint Stephen’s Green. Il s’agit d’un grand parc avec des jardins, havre de paix des étudiants et des familles qui viennent y nourrir les canards. Il y a assez bien de monde étant donné que le temps est plutôt doux pour un mois d’octobre (et pas une goutte de pluie s’il vous plait !) On se promène à notre aise dans les sentiers du parc, entre les pelouses et parterres de fleurs, en prenant le temps d’admirer les merveilleuses couleurs d’automne.
On découvre également plusieurs « monuments » à caractère historique. Par exemple, caché au milieu du parc, se trouve le buste de Constance Markiewicz, une des héroïnes de l’insurrection de 1916. Il y a également un mémorial dédié à O’Donovan Rossa, le leader fenian, considéré comme terroriste et emprisonné dans les geôles britanniques pendant 15 ans sous des conditions qu’on peut clairement qualifier de torture. Il devint ensuite un héros national, avec des funérailles grandioses. A quelques mètres, à la sortie du parc, se dresse une arche à la mémoire des victimes irlandaises de la guerre contre les Boers en Afrique du Sud. A l’image de ce qui anima longtemps l’Irlande, ces 2 monuments proches témoignent de profondes contradictions : la rébellion et l’indépendance d’une part, la soumission et l’intégration au Royaume-Uni (jusqu’à la participation dans les aventures coloniales) de l’autre.

A la sortie nord du parc, on sent qu’on pénètre dans un autre Dublin. On se retrouve face à un grand building commercial avec des enseignes telles que Benetton. C’est le début de l’élégante et commerçante Grafton Street. Je repense alors à des scènes du roman « Merci pour les souvenirs » de Cecilia Ahern (jeune auteur dublinoise, qui a notamment écrit le romantique « PS : I love you »), que j’ai terminé dans l’avion, et dont l’intrigue se déroule en partie à Dublin. Elle y décrit notamment l’agitation de Grafton Street, et c’est vrai que ça bouge ! C’est un peu l’équivalent d’Oxford Street à Londres, mais avec les artistes de rue en plus. Les chanteurs et musiciens se côtoient, avec tantôt une ballade triste, tantôt une gigue bien rythmée, et toujours une foule autour d’eux. Et qu’ils sont bons ! On est très loin du chanteur de métro bruxellois…
La ville respire la musique. Chants celtiques, rock, folk, elle est au cœur de la vie dublinoise, et souvent empreinte du passé qui pèse sur les âmes. Cette ambiance, on la retrouve aussi dans les pubs et dans les rues du célèbre quartier de Temple Bar. Depuis la Liffey, on entre ici par une petite ruelle qui débouche sur des façades colorées pleine de lumières. Entièrement rénové dans les années 90, le quartier a gardé les structures existantes des immeubles, ce qui lui confère un aspect à la fois moderne et nostalgique. Les rues piétonnes rajoutent encore au charme.
Entre ambiance de feu, bonne bouffe et musique live, les bars donnent envie. Par contre, un samedi soir, tout est bondé. On mange d’abord un bout au Quays : de la vraie nourriture irlandaise, généreuse et savoureuse. A tester !

Nous cherchons ensuite où aller pour boire un verre. Bon j’admets, il y a l’embarras du choix, mais il y a vraiment trop de monde à l’intérieur. On étouffe ! Du coup, on fait comme les locaux, on prend notre bière et on boit un pot dehors. Il ne fait même pas froid, c’est bon ça ! Rester dehors a de nombreux avantages, comme écouter les musiciens de rue, ou observer un défilé de spécimens stéréotypés : les nanas qui enterrent leur vie de jeune fille, les vieux bourrés (et surtout des jeunes bourrés, parce que la moyenne d’âge doit osciller entre 18 et 35 ans), le nerveux prêt à une bagarre, les marginaux qui dansent dans la rue, le perdu qui drague lourdement. Assez folklorique.

Nous passons une soirée fort sympathique bien que j’ai (déjà) une overdose de Guinness. Hop, nous rentrons à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

S.

photos ©juventina010

« Les arbres de St Stephen’s Green embaumaient sous la pluie et le sol saturé d’eau exhalait son odeur mortelle, léger encens s’élevant des milliers de coeurs à travers l’humus. »Portrait de l’artiste en jeune homme, James Joyce

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