Dubrovnik

Pour notre premier voyage en Croatie, nous ne pouvions pas manquer Dubrovnik. Elle est surnommée la « Perle de l’Adriatique » et maintenant, on sait pourquoi.

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Un saut dans le temps

L’accès aux voitures n’étant pas autorisé, nous nous garons en haut de la vieille ville. Nous arrivons au sommet des remparts, les yeux rivés sur ceux-ci, qui me paraissent totalement intacts. Les locaux se vantent que ce sont les remparts les mieux conservés au monde!

Incroyable de penser qu’ils ont protégé la ville durant des siècles, et qu’il y a peu de temps encore, cette protection était suffisante.
Quelques marches à descendre, avec vue sur l’une des tours de la ville, et nous arrivons à l’entrée principale : la Porte Pile, construite en 1537 alors que Dubrovnik connaissait la gloire. Faisant partie de la République de Raguse, la ville avait des accords commerciaux, une flotte indépendante et de bonnes relations internationales, même avec l’Empire Ottoman.
On peut vraiment se projeter à cette époque lorsque le pont se relevait chaque soir pour bloquer l’accès à la ville.

Après des siècles de prospérité, la plupart de l’architecture de la Renaissance fut détruite lors d’un tremblement de terre en 1667 qui fit 5000 victimes. Seuls les Palaces Sponza et Recteur ont résisté, laissant le reste de la ville en ruine. Tout a été reconstruit dans un style baroque mais ce moment marqua le début du déclin de la ville.

Napoléon envahit Dubrovnik en 1808 annonçant la fin de la République. La ville fut ensuite cédée à l’empire Austro-hongrois.
Durant la guerre de Yougoslavie, de nombreux dégâts sont survenus mais les bâtiments ont été complètement restaurés. J’y reviendrai.

Même si aujourd’hui Dubrovnik fait partie de la Croatie, sa situation éloignée et ses remparts si bien conservés, donnent le sentiment que la ville reste une cité indépendante.

Derrière les remparts

C’est en passant la porte intérieure que l’on est frappés par la beauté grandiose de la rue principale, Placa (aussi appelée Stradun). Une rue qui s’étend jusqu’à la porte de Ploce, l’autre entrée de la vieille ville, avec face à nous l’immense Tour de l’Horloge. La rue est couverte par une centaine d’hirondelles chantant et dansant dans les airs. Je suis complètement éblouie par la beauté de cette ville et je me sentirais comme téléportée dans une autre époque si ce n’était rempli d’une horde de touristes.

Ici, c’est un peu comme à Venise, peu importe la saison, la ville est inondée de monde. C’est un peu dommage mais c’est le revers de la médaille pour toutes les « grandes » cités.

Ce qui attire mon attention c’est le dallage en pierre calcaire (pierre provenant de l’île croate de Brac, et qui est caractéristique de nombreuses villes). La surface est lisse et polie par les siècles. On se croirait dans un décor de cinéma. Ce n’est pas sans raison que les réalisateurs de la série Game of Thrones ont choisi Dubrovnik comme lieu de tournage, pour incarner Kings Landing.

A l’entrée se trouve la fontaine d’Onofrio, une fontaine circulaire avec des figures sculptées dont l’eau potable jaillit de la bouche. Face à la fontaine, des touristes s’agglutinent pour essayer à tour de rôle de tenir en équilibre sur une pierre qui sort du monastère des franciscains.
En avançant sur la Placa, on passe donc devant le monastère des franciscains, puis l’église Saint-Sauveur.

Au bout, on arrive sur la Place Luza, où fourmillent de merveilleux bâtiments.
Au centre de la place se dresse la colonne de Roland, qui illustre la devise de la ville : « La liberté ne se vend pas, même pour tout l’or du monde. »

Sur notre gauche, le Palais Sponza, un édifice Renaissance qui à l’origine servait aux douanes. Durant notre séjour, devant ce palais était exposé le Trône de Fer (de la série issue des romans de George Martin dont je parlais plus haut). Des milliers de fans et touristes sont venus se faire photographier sur le trône, avec des fonds récoltés pour une œuvre caritative.

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Toujours sur la même place s’élève la Tour de l’Horloge, un clocher impressionnant de 31 mètres de haut, dont les aiguilles indiquent les phases de la lune. Des figures de bronze sonnent les heures.

Enfin à notre droite derrière la colonne de Roland, se trouve l’église Saint-Blaise, du nom du saint-patron protecteur de la ville.

On continue notre exploration selon les axes principaux, on y trouve le Palais des Recteurs qui servait de résidence au recteur de Dubrovnik (le gouverneur de la cité en quelque sorte). On y découvre une belle cour entourée d’arcades.

En continuant notre balade, on tombre sur davantage de monuments religieux, notamment la cathédrale de style baroque, et la synagogue autour de laquelle on trouve des restaurants aux noms aussi originaux que « Jezuite »…

A l’écart des touristes

On marche, on marche, et on se demande si, au milieu des lieux de cultes, des musées historiques et des terrasses de cafés, il y a encore des gens qui habitent dans la vieille ville.

On emprunte alors des ruelles au hasard, et petit à petit on s’éloigne de la cohue. On tombe alors sur des places insoupçonnées, des habitations de pierre minuscules, des cours intérieures où le linge sèche sur un fil, des habitants qui ont sorti une table pour boire l’apéro, d’autres qui mangent dans leur salon de 2 mètres carrés sans se soucier des regards des curieux. Il faut dire qu’il n’y a pas de touriste par ici… J’ai l’impression de découvrir un morceau de vie, un bout d’authenticité, loin de l’agitation du centre. Il parait qu’il y a encore 2000 habitants dans l’enceinte des remparts.

On continue notre parcours improvisé dans le dédale des ruelles et on redescend dans la rue principale, pour arriver ensuite près de la mer où se trouve le musée maritime, à l’intérieur du fort Saint-Jean.

La ville est incroyablement belle c’est vrai, mais l’une de ces particularités, ce sont bien ses remparts qui l’entourent et la protègent.

Ils sont surmontés de tours et de forts aux quatre coins, offrant des vues exceptionnelles sur la montagne, sur les eaux limpides de l’Adriatique, et sur les toits couverts de tuiles rouges ou les clochers des innombrables églises. Tiens, en parlant des tuiles emblématiques de la ville, il parait que plus de la moitié des tuiles ont été offertes par la ville de Toulouse pour remplacer celles détruites durant la guerre. D’ailleurs, on a vraiment du mal à se dire qu’il y a à peine plus de 20 ans, le pays était en pleine guerre civile.

Parenthèse historique – Dubrovnik pendant la guerre

En 1991, les électeurs de la ville de Dubrovnik votèrent en grande majorité pour l’indépendance de la République de Croatie. Pour contrer le processus d’indépendance, l’armée yougoslave menée par Milosevic déclara la guerre aux Croates. L’armée, composée majoritairement de Serbes et de Monténégrins, lança une attaque extrêmement violente sur Dubrovnik, par la terre, la mer et les airs. Le 6 décembre 1991, l’artillerie serbe bombarda la ville qui fut alors assiégée pendant 6 mois. Les villages aux alentours furent également occupés par les Serbes qui poussèrent les habitants à fuir à l’étranger. Bombardement, pillage, destruction, crimes, … La « Perle de l’Adriatique » fut sauvagement agressée pendant plusieurs années, sous le regard impuissant du monde. Au total, plus de 30.000 personnes ont dû abandonner leur maison, 200 combattants de Dubrovnik furent tués entre 1991 et 1995 et 100 civils périrent lors des bombardements. « La liberté ne se vend pas, même pour tout l’or du monde. » Aujourd’hui, Dubrovnik a retrouvé sa liberté et les traces physiques de la guerre ont pratiquement disparu grâce aux travaux de reconstruction.

Du côté nord des remparts se dresse le fort Minceta. C’est l’impressionnante tour que l’on a pu voir en arrivant en haut de la montagne, avant de descendre les escaliers qui menaient à la porte Pile.

A l’opposé, au sud, le fort Saint-Jean. Enfin, on peut grimper les 170 marches qui permettent d’accéder à la forteresse Lovrijenac.

On sort de la ville par la porte de Ploce dont l’architecture est similaire à la porte Pile. Juste derrière il y a une charmante terrasse avec un beau point de vue sur les bateaux.

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Et c’est avec admiration et émerveillés que nous quittons la cité de Dubrovnik.

S.

photos ©juventina010

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